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Il y a 75 ans, le régime de Vichy se rendait complice de la pire des atrocités envers les Juifs de France – Tahitinews

 

Le secrétaire général du Haut-commissariat, représentant le haut-commissaire de la République, Marc Tschiggfrey, a présidé ce dimanche matin, au Monument aux Morts de Papeete, avenue Pouvana’a a Oopa, la cérémonie à l’occasion de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et d’hommage aux « Justes » de France.

A ses côtés, étaient présents : Jean-Christophe Bouissou, ministre du logement de l’aménagement et de l’urbanisme, en charge du numérique, porte-parole du gouvernement, représentant le président de la Polynésie française, Marcel Tuihani, président de l’Assemblée de la Polynésie française, Nicole Sanquer, député de la 2ème circonscription de la Polynésie française, Moetai Brotherson, député de la 3ème circonscription de la Polynésie française, Danièle Teaha, représentant le maire de Papeete, le Médecin en chef Hélène Rol, représentant l’Amiral COMSUP et Patrick Yieng Kow, représentant le président du Conseil économique, social et culturel.

Dans un message, le secrétaire général a rappelé « qu’il y a 75 ans, les 16 et 17 juillet 1942, avait lieu, à Paris, la rafle que la mémoire collective retiendra comme la plus importante que connut l’occupation. Aujourd’hui, nous rendons hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat français et aux «Justes de France ». La rafle du Vel d’Hiv’, du nom du lieu où furent enfermées les personnes arrêtées ces 16 et 17 juillet 1942, constitue une blessure dans l’histoire de notre pays et de notre mémoire nationale. Elle est devenue le symbole des atrocités commises envers les Juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale avec la complicité du gouvernement de Vichy.

Durant ces deux jours, l’Etat Français a autorisé et a participé à l’arrestation de familles entières, hommes, femmes et enfants ! En moins de 48 heures, 13 152 Juifs, dont plus 4 000 mineurs de moins de 16 ans, furent arrêtés, enfermés, puis déportés vers les camps de la mort. Avec cette opération, le régime de Vichy perdait toute humanité. Aujourd’hui, nous pensons aussi aux nombreux Tziganes, victimes du racisme du régime de Vichy qui furent arrêtés, internés et parfois déportés. Mais cette journée est également dédiée à l’espérance et à la dignité humaine. En effet, des Françaises et des Français refusèrent ces comportements barbares ; ceux que l’on appela plus tard, les « Justes parmi les Nations ».

Plus de 4000 « Justes de France » sont actuellement reconnus par le comité français de Yad Vashem. Ces braves apportèrent leur aide, au péril de leur vie, à des Juifs persécutés, cachant et sauvant des personnes recherchées, dont de nombreux enfants, leur évitant ainsi le sort réservé aux 75 000 autres qui furent déportées et dont à peine 2.500 rentrèrent au pays. Altruistes, courageux et téméraires, par leurs actions, ils démontrent que la résistance est toujours possible même dans les moments les plus extrêmes. Ils appartiennent à cette « armée des ombres » qui rendit l’honneur au pays des droits de l’Homme.

Voici pourquoi fut apposée, le 18 janvier 2007 dans la crypte du Panthéon, une plaque rendant hommage aux « Justes de France », leur attribuant ainsi la place qui leur revient de droit aux côtés des grands hommes de notre République : « Sous la chape de haine et de nuit tombée dans les années d’occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s’éteindre. Nommés « Justes parmi les Nations » ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’Honneur de la France, les valeurs de justice, de tolérance et d’humanité. »

Ce faisant, la Nation toute entière s’inclinait devant le martyr des uns et admirait l’héroïsme des autres. L’initiative de cette reconnaissance envers les Justes de France revient à Simone Veil qui s’est éteinte il y a peu. Et nous nous devons de rendre une nouvelle fois hommage à cette grande Dame, cette femme déterminée, engagée, admirable dont l’exemple devrait inspirer nos compatriotes. Celle qui avait écrit : « J’ai le sentiment que le jour où je mourrai, c’est à la Shoah que je penserai. ». N’oublions jamais les martyrs et leurs sauveurs.

Texte et photo: HC

Source: Tahiti News

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